Décès du Père Cléophas


Chers amis paroissiens.

C'est  avec tristesse que nous avons appris que le Père Cléophas, est décédé mercredi 2 Octobre à Rome après y avoir été hospitalisé depuis 3 mois et après avoir mené un long combat , tant physique que moral, suite à de nombreuses infections post opératoires dont la dernière s'est généralisée. 
Comme il est de coutume pour les prêtres congolais, il a été rapatrié et enterré  dans le cimetière des prêtres de Kikwit au Congo. Une messe a été célèbrée à Rome le vendredi 11 octobre à 10h le matin, et une messe des défunts, pour le Père Cléophas, a aussi été célébrée à 18h à l'église de St Gengoux en présence de Mgr Rivière, de nombreux prêtres et amis paroissiens.

Texte de l'homélie du Père Georges Auduc prononcé durant cette messe de célébration des funérailles pour le Père Cléophas, le 11 octobre à Saint-Gengoux.

Le Père Cléophas s’interrogeait sur le sens et le pourquoi de son prénom. Familier de la Parole de Dieu, il savait que Cléophas est un personnage de l’évangile. Saint Luc le nomme une fois : le soir de Pâques. Cléophas est l’un des deux pèlerins d’Emmaüs. On les désigne ainsi parce qu’ils quittaient Jérusalem pour se rendre dans ce village. Son compagnon nous est inconnu. Pourquoi Saint Luc a-t-il cité seulement Cléophas ? Nous ne le savons pas. Cléophas est un nom d’usage courant. Saint Jean nous dit que la sœur de la Vierge Marie présente au pied de la croix, était l’épouse d’un certain Cléophas. Cela ne nous autorise pas à en dire plus ! En outre, pour  l’embarras des chercheurs, le village d’Emmaüs est introuvable…
Au soir de Pâques, Cléophas est un homme désabusé. Il rentre chez lui, tête basse, désolé et surtout traumatisé. A-t-il vu Jésus mourir en croix ? Peut-être… Les exécutions étaient publiques. En tout cas, proche de Jésus, disciple, Cléophas avait cru que Jésus, messie d’Israël, allait chasser les Romains, mettre au pas les pêcheurs, établir un royaume de Dieu rayonnant, faire de Jérusalem l’épicentre d’un monde nouveau. Comme les apôtres et les proches de Jésus, Cléophas avait rêvé. Nous comprenons sa peine. Jésus, aussi, l’avait compris. Sa rencontre avec Cléophas et son compagnon n’est pas le fruit du hasard. Jésus rejoint des hommes en désarroi. Ressuscité, il peut parler clairement. Ces hommes ne vont plus projeter sur lui des espérances folles. Leur déception les ouvre à une autre approche. Jésus est patient. Avec Cléophas et l’autre disciple, il relit l’Ecriture : la Loi, les prophètes, les psaumes. Les deux hommes écoutent. A la tombée de la nuit, ils font signe à Jésus : « Reste avec nous. » Et c’est l’éblouissement : le repas à peine commencé, le partage du pain. Leurs yeux s’ouvrent. Ils le reconnaissent. Sans hésiter, ils rebroussent chemin : « Notre cœur n’était-il pas tout brûlant quand il marchait avec nous et nous commentait les Ecritures ? »
En franchissant le seuil du paradis, le Père Cléophas aura contemplé le Christ en gloire auquel il avait donné sa vie. Peut-être aussi, dans la foule des élus, a-t-il aperçu le Cléophas des évangiles ? Sans doute a-t-il pleinement réalisé le sens des Ecritures, cette Parole qu’il a patiemment déchiffrée au fil de ses études et qu’il a fait entendre comme pasteur aux hommes et aux femmes de ce temps. Pour le Père Cléophas, le chemin d’Emmaüs ne s’est pas borné à un bref aller-retour à Jérusalem. Il a quitté son Congo natal,  cette terre qui lui tenait à cœur et dont il redoutait les violences, pour notre occident qui fut autrefois terre de chrétienté et qui devient aujourd’hui pour nombre de ses compatriotes, terre d’abondance et d’illusion. En venant chez nous, le Père Cléophas ne cherchait pas la gloire et la fortune. Il venait parfaire sa connaissance du Christ et mettre ses charismes au service de personnes et de cultures bien différentes de celles de sa jeunesse. Homme éprouvé au sortir de l’enfance par le décès de sa mère, il savait compatir. Homme de douceur, les conflits le faisaient souffrir. Homme de devoir, il s’efforçait de répondre aux exigences de sa mission. Homme de contact, il aimait rencontrer, débattre et surtout écouter. Homme de foi, il voulait partager le feu qui lui brûlait le cœur. Homme d’eucharistie, il éveillait les fidèles à l’adoration. Voici deux ans, il avait regagné son pays sans grand enthousiasme : son long séjour chez nous, en Europe, avait fait de lui un homme universel. Pressentait-il que la maladie allait très vite le rejoindre ? Sans doute a-t-il senti que le Ressuscité l’entraînait sur un chemin inconnu :son chemin d’Emmaüs. Jésus l’a associé à sa mort et sa résurrection. Le Cléophas de l’évangile a reçu du Ressuscité la plus belle des catéchèses. Le Père Cléophas a vécu dans sa chair le mystère même de Pâques. Il nous laisse aujourd’hui son témoignage avec un goût d’inachevé. La mort l’a cueilli au moment où peut-être son érudition et ses qualités humaines auraient été très appréciées. A nous de faire fructifier son héritage, sans excessive nostalgie, avec le sentiment que notre ami s’accomplit dans ce face à face promis à chacun d’entre nous. Le Père Cléophas nous appelle, en ce moment, à recevoir comme bonne nouvelle l’apostrophe de Jésus aux disciples d’Emmaüs : « Cœurs lents à croire… ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
 
                                                                       Saint Gengoux-le-National, 11 Octobre 2019
                                                                                  Père Georges AUDUC          
                            

Lettre de remerciement de l'Evêque de Kikwit  (Congo) 
diocèse du Père Cléophas

Merci beaucoup à tous les paroissiens  qui ont participé à l'enveloppe financière que représentait l'opération du Père Cléophas, puis au financement du rapatriement du corps au Congo. Veuillez aussi trouver ci-dessous la lettre de remerciements de l'Evêque de Kikwit.

Photos de la messe d'Adieu à  la paroisse
du Père Cléophas (Août 2017)

Editorial du Lien Juin 2017 

Photos du repas paroissial d'Adieu (Août 2017)

Photos du repas paroissial d'Adieu (Août 2017)

Photos du repas paroissial d'Adieu (Août 2017)